Grippe A H1N1
Sujets de controverses, la grippe A H1N1 et la vaccination alimentent les conversations. Comment se prémunir ? Faut-il se faire vacciner ? A chacun de faire sa propre opinion et de choisir en son âme et conscience ce qui lui convient le mieux
| 21 Octobre 2009
La Grande-Bretagne, pays le plus touché par la grippe H1N1 en Europe, a lancé mercredi une campagne de vaccination nationale. Elle emboîte ainsi le pas à plusieurs pays européens, dont la France.
Les deux millions de Britanniques travaillant dans le secteur de la santé ont commencé à se faire vacciner mercredi matin. En effet, "il est juste que nous commencions les vaccinations pour les personnels de santé et pour les personnes à risque dès maintenant", a déclaré le Premier ministre Gordon Brown devant la Chambre des Communes. Dès la semaine prochaine, les cabinets de médecins généralistes commenceront à vacciner par ordre de priorité les personnes jugées à risque et toutes les femmes enceintes.
Au total plus de 11 millions de Britanniques doivent recevoir le vaccin, même si le gouvernement, qui a commandé assez de doses pour toute la population, doit encore décider si la campagne doit être étendue à tout le monde. Toutefois, la perspective d'une grève postale jeudi et vendredi pourrait compliquer l'exercice, en retardant les lettres envoyées par les médecins aux patients à risque pour qu'ils viennent se faire vacciner. Le professeur Stephen Field, président du Royal College of General Practitioners, qui représente les médecins, a décrit la grève comme "extrêmement gênante".
La Grande-Bretagne est le pays le plus touché en Europe par ce virus. 108 personnes ayant contracté le virus sont mortes dans le pays, selon les dernières données publiées, et quelque 370.000 personnes ont été infectées. Aussi, les autorités sanitaires et les syndicats de médecins et d'infirmières enjoignaient mercredi le personnel de santé à recevoir l'injection.
Les défiances vis-à-vis du vaccin persistent
Les réticences restent importantes. Selon un sondage réalisé auprès de 17.000 infirmières britanniques, près de la moitié disent ne pas avoir l'intention de se faire vacciner, la plupart invoquant des doutes sur la sécurité du vaccin. Une infirmière citée par le site internet nursingtimes.net, qui a réalisé le sondage, estime que le vaccin "n'a pas été testé correctement".
Cette méfiance se retrouve également dans la plupart des pays européens. En effet, en Europe, il n'y a guère qu'en Suède que le sujet ne fait pas ou peu débat. La vaccination a débuté le 12 octobre dans ce pays. Selon les sondages, 50 à 70% des Suédois projettent de se faire vacciner, et même 73% des 349 membres du parlement suédois. Ailleurs, le scepticisme est de rigueur.
Ainsi, en France, où la campagne a débuté mardi, diverses enquêtes révèlent que 60 à 65% des Français n'ont pas l'intention de se faire vacciner contre la grippe A (H1N1). En Italie, où la campagne a aussi commencé, seuls 40% des médecins environ ont déclaré être disposés à se faire vacciner contre le virus H1N1. En Belgique la campagne entamée lundi a entraîné le dépôt d'une plainte de citoyens inquiets. En Allemagne, la polémique a fait rage avant même le démarrage de la vaccination quand la presse a révélé que les hauts fonctionnaires, les militaires et les responsables de la santé notamment bénéficieront d'un vaccin aux effets secondaires moindres que celui réservé au reste de la population.
La défiance sévit aussi aux Etats-Unis où certains soignants ont intenté une action en justice contre la vaccination "forcée" et où 40% seulement des adultes se disent sûrs de se faire vacciner, selon une étude de la Harvard School of Public Health. Par ailleurs, seulement un parent américain sur deux déclare vouloir faire vacciner ses enfants.




